isora

Droits, autonomie et accès aux services

Proches aidants : les femmes restent majoritaires, mais l'aide quotidienne devient moins genrée

Les publications récentes invitent à séparer deux périmètres. Dans l'étude DREES publiée en décembre 2025, 7,1 millions de personnes aident régulièrement un proche à domicile en France métropolitaine, et 58 % sont des femmes. Dans l'étude DREES publiée en juin 2026, le champ plus étroit de l'aide à la vie quotidienne recense 5,3 millions d'aidants de 16 ans ou plus, dont 57 % de femmes, avec une baisse de 6 % depuis 2008 malgré la hausse des besoins déclarés. Cette même source indique aussi que l'implication des hommes aidants s'intensifie et que certaines tâches domestiques sont moins exclusivement féminines qu'en 2008. Les comparaisons OCDE et Eurostat confirment toutefois qu'à grande échelle, les femmes restent plus souvent impliquées dans le soin et le travail domestique non rémunérés.

29 juin 2026 5 min 4 sources

Points clés

  • La DREES estime fin 2025 que 7,1 millions de personnes, soit 11 % des 5 ans ou plus, apportent régulièrement une aide informelle à un proche vivant en logement ordinaire en France métropolitaine; 58 % de ces aidants sont des femmes.
  • Sur ce même champ 2022, 30 % des aidants accompagnent leur proche sans autre co-aidant, et 58 % travaillent, recherchent un emploi ou sont étudiants.
  • Dans son étude de juin 2026 sur l'aide à la vie quotidienne, la DREES recense 5,3 millions d'aidants de 16 ans ou plus en 2022, soit 8,9 % de la population, dont 57 % de femmes.
  • Toujours selon cette étude 2026, le nombre d'aidants à la vie quotidienne baisse de 6 % entre 2008 et 2022 alors que le nombre de personnes déclarant avoir besoin d'aide à domicile augmente de 80 000.
  • La DREES indique aussi qu'en 2022, 54 % des aidants réalisant des tâches ménagères chez l'aidé sont des femmes, contre 76 % en 2008, ce qui signale un rééquilibrage partiel sans inversion de majorité.

Deux publications récentes, mais pas exactement la même population

Les résultats récents sur les proches aidants ne doivent pas être lus comme s'ils mesuraient tous le même groupe. L'étude DREES publiée en décembre 2025 décrit l'ensemble des personnes qui apportent régulièrement au moins un type d'aide informelle à un proche vivant en logement ordinaire: soutien moral, aide à la vie quotidienne, ou aide financière et matérielle.

La publication DREES de juin 2026 retient un champ plus étroit. Elle se concentre sur les personnes de 16 ans ou plus qui aident régulièrement un proche pour les soins personnels, les tâches domestiques ou la mobilité. Ce périmètre plus resserré explique pourquoi le total y est inférieur, avec 5,3 millions d'aidants à la vie quotidienne contre 7,1 millions d'aidants au sens plus large.

En France, les femmes restent majoritaires parmi les proches aidants

Sur le champ large de l'enquête Autonomie-Ménages 2022, la DREES estime que 7,1 millions de personnes, soit 11 % de la population âgée de 5 ans ou plus, sont proches aidants en France métropolitaine. La source précise que 58 % sont des femmes. Les aidants accompagnent le plus souvent un parent, un conjoint ou un enfant.

Sur le champ plus étroit de l'aide à la vie quotidienne, la publication de juin 2026 retrouve une majorité féminine très proche: 57 % de femmes parmi 5,3 millions d'aidants de 16 ans ou plus. L'asymétrie documentée ne disparaît donc pas lorsqu'on resserre l'observation sur les gestes concrets du quotidien.

L'implication masculine progresse dans plusieurs tâches quotidiennes

La publication DREES de juin 2026 évite cependant une lecture figée. Elle indique que l'aide à la vie quotidienne devient moins genrée qu'en 2008, parce que l'implication des hommes aidants s'intensifie et que la diversité des tâches qu'ils prennent en charge augmente davantage que celle observée chez les femmes sur la période.

Le même document donne un exemple précis sur les tâches ménagères réalisées chez l'aidé. En 2008, elles étaient assurées par des femmes dans 76 % des cas; en 2022, cette part descend à 54 %. La DREES précise aussi que les hommes aidants participent davantage qu'auparavant au ménage et aux courses. Cette évolution ne signifie pas une symétrie complète, mais elle montre un rééquilibrage partiel des tâches prises en charge.

Isolement de l'aide et conciliation avec l'emploi restent des enjeux

L'étude DREES publiée en décembre 2025 souligne qu'en 2022, trois aidants sur dix accompagnent leur proche sans autre co-aidant, qu'il soit proche, professionnel ou bénévole. Cette absence de relais est particulièrement fréquente lorsque l'aidé est le conjoint. La source rappelle que cette configuration peut accroître les effets négatifs sur la santé ou la vie sociale de l'aidant.

La même publication indique que 58 % des proches aidants travaillent, recherchent un emploi ou sont étudiants, et que cette part atteint 78 % parmi les aidants d'âge actif. La publication de juin 2026 retrouve un ordre de grandeur voisin sur le champ plus étroit de l'aide à la vie quotidienne, avec 53 % d'aidants actifs, en recherche d'emploi ou en études. Autrement dit, une grande partie de l'aide informelle se superpose à l'emploi ou à la formation, ce qui relie directement le sujet au travail non rémunéré déjà documenté par d'autres sources.

Ce que la comparaison internationale ajoute

L'OCDE confirme que la majorité féminine n'est pas propre à la France. Dans Health at a Glance 2025, l'organisation indique que, dans 26 pays de l'OCDE, 61 % des aidants informels sont des femmes. La même synthèse rappelle que les données portent sur des personnes âgées de 50 ans ou plus et que les définitions varient selon les enquêtes nationales, ce qui limite la comparabilité stricte des niveaux.

Eurostat apporte un contexte plus large sur le travail domestique et de soin non rémunéré. Sa synthèse publiée en 2026 sur les enquêtes harmonisées d'emploi du temps indique que les femmes sont plus impliquées que les hommes dans les activités de ménage et de soin familial dans tous les pays observés. Pour la France, Eurostat mesure un écart de 1 heure et 11 minutes par jour sur le temps consacré à ces activités. Cette source ne décrit pas seulement les proches aidants, mais elle aide à situer l'aide informelle dans une répartition plus générale du travail non rémunéré.

Population mesurée et limites

Les deux publications DREES citées ici ne portent pas sur la même population. Celle de décembre 2025 inclut les aidants de 5 ans ou plus identifiés dans le volet Aidants de l'enquête Autonomie-Ménages 2022 et couvre plusieurs types d'aide à des personnes vivant en logement ordinaire en France métropolitaine. Celle de juin 2026 ne retient que les aidants de 16 ans ou plus apportant une aide régulière à la vie quotidienne, et compare 2022 à 2008 sur un champ rendu comparable entre deux enquêtes différentes.

Les sources OCDE et Eurostat ne sont pas non plus directement superposables aux chiffres français. L'OCDE observe ici les 50 ans ou plus à partir d'enquêtes internationales et nationales dont les définitions de l'aide informelle varient. Eurostat utilise des enquêtes d'emploi du temps sur les activités domestiques et familiales, pas un recensement des seuls proches aidants. Enfin, toutes ces sources parlent de femmes et d'hommes au sens des catégories statistiques employées par les organismes producteurs; elles ne mesurent pas les chromosomes.

Questions fréquentes

Peut-on dire que l'aide aux proches est surtout assumée par les femmes ?

Oui pour les sources récentes citées ici. En France, les deux publications DREES sur 2022 trouvent une majorité féminine, à 58 % puis 57 % selon le périmètre. L'OCDE retrouve aussi une majorité féminine à l'échelle internationale. En revanche, cela ne veut pas dire que les hommes seraient absents du soutien aux proches.

Pourquoi l'article parle-t-il de rééquilibrage si les femmes restent majoritaires ?

Parce que les deux constats peuvent coexister. Les femmes restent plus nombreuses parmi les aidants, mais la DREES observe aussi que les hommes prennent davantage en charge certaines tâches quotidiennes qu'en 2008, notamment le ménage et les courses. Il s'agit d'un rééquilibrage partiel, pas d'une inversion.

Les chiffres français sont-ils comparables directement à ceux de l'OCDE et d'Eurostat ?

Seulement pour repérer des tendances générales. Les champs diffèrent: la DREES mesure des proches aidants en France, l'OCDE s'appuie ici sur des personnes de 50 ans ou plus dans plusieurs pays, et Eurostat observe plus largement le temps consacré aux activités domestiques et familiales.