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Violences, sécurité et justice pénale

Homicides : les hommes restent majoritaires au total, mais les femmes le sont davantage dans la sphère conjugale et familiale

La veille du 6 juillet 2026 conduit à distinguer deux contextes. Le brief 2025 d'UNODC et d'ONU Femmes indique qu'en 2024, environ 80 % des victimes d'homicide dans le monde étaient des hommes ou des garçons, mais que 60 % des homicides de femmes et filles ont été commis par un partenaire intime ou un membre de la famille, contre 11 % des homicides masculins. Eurostat observe dans l'Union européenne qu'en 2024 le taux de victimes d'homicide tuées par un partenaire intime ou un membre de la famille atteint 3,9 pour un million de femmes contre 2,3 pour un million d'hommes. En France, l'étude publiée par le ministère de l'Intérieur pour l'année 2024 recense 138 morts violentes au sein du couple, dont 107 femmes et 31 hommes.

6 juillet 2026 5 min 4 sources

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Points clés

  • Selon le brief 2025 d'UNODC et d'ONU Femmes, environ 80 % des victimes d'homicide dans le monde en 2024 sont des hommes ou des garçons.
  • La même source indique qu'en 2024, 60 % des femmes et filles tuées intentionnellement l'ont été par un partenaire intime ou un membre de la famille, contre 11 % des homicides masculins.
  • Eurostat indique qu'en 2024, dans l'Union européenne, le taux de victimes d'homicide tuées par un partenaire intime ou un membre de la famille est de 3,9 pour un million de femmes contre 2,3 pour un million d'hommes.
  • Le ministère de l'Intérieur recense en France 138 morts violentes au sein du couple en 2024, dont 107 femmes et 31 hommes.
  • Les sources convergent donc vers une asymétrie de contexte : l'homicide global reste majoritairement masculin, tandis que l'homicide dans la sphère intime ou familiale touche davantage les femmes.

Les derniers chiffres mondiaux ne décrivent pas une seule hiérarchie

Le point de départ utile est de séparer l'homicide total et l'homicide commis dans la sphère intime ou familiale. Le brief publié fin 2025 par l'UNODC et ONU Femmes sur les féminicides en 2024 indique qu'environ 80 % des victimes d'homicide dans le monde étaient des hommes ou des garçons. Cette majorité masculine reste donc nette lorsqu'on regarde l'ensemble des homicides volontaires.

Mais la même publication montre qu'une lecture globale peut masquer une autre asymétrie. Parmi les femmes et filles tuées intentionnellement en 2024, 60 % l'ont été par un partenaire intime ou un membre de la famille. Pour les homicides masculins, cette part tombe à 11 %. Les sources récentes invitent donc à distinguer la probabilité d'être victime d'un homicide tout court et la probabilité d'être tué dans l'espace domestique ou conjugal.

Dans l'Union européenne, la sphère familiale et intime reste plus létale pour les femmes

Eurostat a mis à jour au printemps 2026 sa synthèse sur la criminalité enregistrée par la police dans l'Union européenne. Pour 2024, l'organisme indique que le taux de victimes d'homicide intentionnel tuées par un partenaire intime ou un membre de la famille atteint 3,9 pour un million de femmes, contre 2,3 pour un million d'hommes.

L'écart n'est pas limité à une seule année atypique. Eurostat précise que, de 2015 à 2024, le taux observé pour les femmes reste constamment au-dessus de celui des hommes dans cette catégorie. L'organisme rappelle aussi que ces données proviennent des enregistrements policiers, ce qui permet une lecture harmonisée à l'échelle européenne sans effacer toutes les différences nationales de qualification et d'enregistrement.

En France, les morts violentes au sein du couple gardent un profil majoritairement féminin du côté des victimes

Pour la France, l'étude nationale publiée par le ministère de l'Intérieur en octobre 2025 sur les morts violentes au sein du couple en 2024 recense 138 victimes, contre 119 un an plus tôt. La synthèse institutionnelle reprise par Vie publique précise que ces faits représentent 16 % des homicides non crapuleux et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner recensés en 2024.

Le document de chiffres clefs 2024 diffusé sur arretonslesviolences.gouv.fr détaille la répartition des victimes: 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint et 31 hommes tués dans le même cadre, dont certains au sein de couples d'hommes. La source décrit donc une asymétrie nette dans l'homicide conjugal, sans contredire le fait que d'autres catégories d'homicide restent davantage masculines.

Ces deux constats ne s'annulent pas

Dire que les hommes sont majoritaires parmi les victimes d'homicide au total ne contredit pas le fait que les femmes sont davantage touchées par l'homicide commis par un proche. Les deux informations portent sur des périmètres différents. L'une décrit la distribution de l'ensemble des homicides; l'autre isole un contexte particulier, celui du couple, de la famille ou du partenaire intime.

Cette distinction évite deux raccourcis opposés. Le premier serait de résumer l'homicide à un risque principalement féminin en oubliant la majorité masculine dans les chiffres globaux. Le second serait d'invoquer cette majorité masculine pour invisibiliser la concentration particulière des homicides de femmes dans la sphère intime et familiale. Les sources 2025-2026 soutiennent les deux constats en même temps.

Population mesurée et limites

Les sources mobilisées ici ne mesurent pas exactement la même population ni le même contexte. L'UNODC et ONU Femmes produisent une estimation mondiale à partir des données nationales disponibles sur les homicides volontaires et sur les homicides commis par des partenaires intimes ou des membres de la famille. Eurostat observe les infractions enregistrées par la police dans les pays de l'Union européenne. Le ministère de l'Intérieur décrit la France à partir des cas recensés par les services de police et de gendarmerie dans le cadre des morts violentes au sein du couple.

Ces chiffres ne permettent donc pas d'attribuer une cause unique à chaque homicide, ni de comparer sans précaution un total mondial, un taux européen par million d'habitants et un décompte national par situation conjugale. Les évolutions annuelles peuvent aussi dépendre de la disponibilité des données et de pratiques d'enregistrement différentes. Enfin, ces organismes utilisent leurs catégories statistiques de femmes et d'hommes; ils ne mesurent pas les chromosomes.

Questions fréquentes

L'article dit-il que les femmes sont les principales victimes d'homicide en général ?

Non. Il dit l'inverse pour l'ensemble des homicides : les sources mondiales récentes indiquent une majorité nette d'hommes parmi les victimes au total. L'article précise seulement que la sphère intime et familiale touche davantage les femmes.

Pourquoi comparer le monde, l'Union européenne et la France dans un même article ?

Parce que ces niveaux éclairent des dimensions différentes du même sujet. Le monde permet de situer la majorité masculine dans l'homicide global, l'Union européenne documente le contraste femmes-hommes dans les homicides commis par un proche, et la France apporte un décompte national récent sur les morts violentes au sein du couple.

Peut-on conclure à une cause unique de ces écarts ?

Non. Les sources citées décrivent des répartitions par sexe et par contexte, pas une explication unique. Elles ne suffisent pas à départager à elles seules le rôle respectif des conflits criminels, de l'exposition à l'espace public, des armes, des séparations, des violences antérieures, du signalement ou de la structure d'âge.