isora Le référentiel des asymétries de sexe

Santé, mortalité et parcours de soin

Professions de santé : les femmes deviennent majoritaires parmi les médecins en France, dans une dynamique déjà visible en Europe

La DREES a mis à jour le 2 juillet 2026 la démographie des professions de santé en France : 242 200 médecins sont en activité au 1er janvier 2026 et 51 % sont des femmes. Croisées avec l'Atlas 2026 du Conseil national de l'Ordre des médecins et avec le panorama Eurostat sur les médecins en Europe, ces données montrent une féminisation nette mais inégale selon l'âge, la profession et le mode d'exercice.

15 juillet 2026 5 min 4 sources

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Points clés

  • La DREES recense 242 200 médecins en activité en France au 1er janvier 2026, dont 51 % de femmes, contre 41 % en 2012.
  • Parmi les médecins généralistes, la part des femmes atteint 53 % en 2026 selon la DREES, contre 41 % en 2012.
  • L'Atlas 2026 du Conseil national de l'Ordre des médecins mesure 53,3 % de femmes parmi les médecins en activité régulière et 59,6 % de femmes parmi les moins de 40 ans.
  • La DREES observe aussi une majorité féminine dans plusieurs autres professions : 68 % chez les pharmaciens, 53 % chez les kinésithérapeutes, 51 % chez les chirurgiens-dentistes et 66 % chez les pédicures-podologues.
  • Eurostat indique qu'en 2023, 18 des 26 pays de l'UE disposant de données récentes comptent plus de femmes que d'hommes parmi les médecins, avec une moyenne européenne de 52,9 % de femmes en 2022.

La DREES enregistre en 2026 un basculement numérique chez les médecins en France

Le point de départ de cette veille est la publication de la DREES du 2 juillet 2026 sur la démographie des médecins. Elle recense 242 200 médecins en activité au 1er janvier 2026 en France, soit 5 000 de plus qu'un an plus tôt.

La source ajoute qu'un peu plus de la moitié des médecins sont désormais des femmes. Leur part atteint 51 % en 2026 contre 41 % en 2012. La même dynamique apparaît chez les généralistes, dont la part de femmes passe de 41 % à 53 % sur la même période. La DREES relie ce mouvement à un rajeunissement des effectifs et au fait que les générations entrantes depuis 2012 sont majoritairement féminines.

L'Ordre des médecins confirme la tendance sur un champ plus resserré

Le Conseil national de l'Ordre des médecins observe un champ voisin mais non identique : les médecins en activité régulière inscrits au Tableau. Dans son Atlas 2026, publié le 31 mars 2026, il en dénombre 205 214 au 1er janvier 2026.

Sur ce périmètre, les femmes représentent 53,3 % des effectifs, soit 109 454 praticiennes contre 95 760 praticiens. L'Atlas souligne aussi que 59,6 % des médecins de moins de 40 ans sont des femmes. Autrement dit, la majorité féminine n'apparaît pas seulement dans le stock total : elle est encore plus marquée dans les générations les plus jeunes.

La majorité féminine n'a pas la même intensité selon les professions et les formes d'exercice

La même journée du 2 juillet 2026, la DREES a publié la mise à jour d'autres professions de santé. Elle indique que 68 % des pharmaciens en activité sont des femmes, de même que 53 % des kinésithérapeutes, 51 % des chirurgiens-dentistes et 66 % des pédicures-podologues.

Ces asymétries ne portent pas seulement sur les effectifs. La DREES précise aussi que les femmes kinésithérapeutes sont plus souvent salariées que les hommes, avec 24 % de salariées contre 13 % chez les hommes. Chez les pharmaciens, 70 % des femmes exercent en salarié, alors que les hommes se répartissent de manière plus équilibrée entre salariat et exercice libéral. La source mesure donc une féminisation des professions, mais pas une uniformité des positions occupées.

Le mouvement français s'inscrit dans une tendance européenne plus large, mais hétérogène

Eurostat replace ces chiffres dans un cadre plus large. Dans sa synthèse mise à jour en 2026 sur les médecins en Europe, l'office statistique européen estime qu'il y avait 1,98 million de médecins praticiens dans l'Union européenne en 2023.

Eurostat indique qu'en 2022 la part des femmes parmi les médecins de l'Union atteint 52,9 %, contre 50,4 % en 2018. En 2023, 18 des 26 pays disposant de données récentes comptent plus de femmes que d'hommes parmi les médecins. L'amplitude varie toutefois fortement selon les pays, des parts supérieures à 70 % de femmes en Lettonie et en Estonie à une majorité masculine à Chypre.

Population mesurée et limites

Les sources mobilisées ici ne décrivent pas exactement la même population. La DREES compte les professionnels en activité au 1er janvier 2026 exerçant au moins une activité en France à partir du RPPS. Un même professionnel peut cumuler plusieurs activités, mais l'effectif présenté est un effectif de personnes en activité. Le Conseil national de l'Ordre des médecins retient pour sa part les médecins en activité régulière inscrits au Tableau, ce qui constitue un champ plus resserré que l'ensemble des médecins en activité décrit par la DREES.

Eurostat privilégie la notion de médecins praticiens, c'est-à-dire les médecins fournissant directement des soins aux patients, mais certaines séries nationales reposent selon les pays sur des concepts voisins comme les médecins professionnellement actifs ou autorisés à exercer. Les millésimes ne sont donc pas parfaitement alignés entre la France 2026 et l'échelle européenne 2023. Enfin, ces organismes utilisent leurs catégories statistiques de femmes et d'hommes; ils ne mesurent pas les chromosomes.

Questions fréquentes

Cet article dit-il que toutes les professions de santé sont désormais féminines ?

Non. Il montre qu'une majorité féminine est mesurée dans plusieurs professions de santé en France en 2026, mais avec des intensités différentes selon les métiers. Il ne dit ni que tous les métiers sont féminisés au même rythme, ni que toutes les spécialités ou tous les statuts le sont de la même manière.

Pourquoi la DREES et l'Ordre des médecins n'affichent-ils pas exactement les mêmes pourcentages ?

Parce qu'ils ne comptent pas exactement le même périmètre. La DREES mesure les médecins en activité ayant au moins une activité en France, tandis que l'Ordre observe les médecins en activité régulière inscrits au Tableau. Les deux sources convergent sur la tendance générale, mais leurs champs ne sont pas strictement identiques.

Peut-on comparer directement la France 2026 et l'Union européenne 2023 ?

Seulement pour repérer un ordre de grandeur et une direction commune. Les dates diffèrent, et Eurostat n'utilise pas toujours le même concept statistique dans tous les pays. La comparaison est utile pour situer la France, mais pas pour en déduire une stricte équivalence numérique.