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Sans-abrisme en Angleterre : les hommes dominent les comptes de rue, mais l'asymétrie dépend du périmètre mesuré

Les dernières publications officielles britanniques convergent sur un point précis : dans les comptages de rue en Angleterre, les hommes restent très majoritaires. Le cadre mensuel publié le 25 juin 2026 estime qu'en mars 2026, 81 % des personnes repérées en rough sleeping sont des hommes, contre 17 % de femmes. Le snapshot d'automne 2025 retrouve une structure voisine avec 82 % d'hommes. Mais ces chiffres décrivent surtout la rue visible. Les notes méthodologiques britanniques et les synthèses OCDE rappellent qu'une partie du sans-abrisme féminin passe plus souvent par des formes moins visibles, comme l'hébergement provisoire chez des proches ou l'hébergement temporaire, ce qui réduit ou inverse parfois l'écart selon la source retenue.

19 juillet 2026 5 min 6 sources

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Points clés

  • Le rough sleeping data framework publié le 25 juin 2026 estime qu'en mars 2026, 7 541 personnes ont été vues en rough sleeping au moins une fois dans le mois en Angleterre, dont 6 111 hommes, 1 253 femmes et 177 personnes au sexe inconnu ou non renseigné.
  • Dans cette même source, les hommes représentent 81 % des personnes comptées en mars 2026, contre 17 % pour les femmes.
  • Le rough sleeping snapshot d'automne 2025, fondé sur un décompte ou une estimation sur une seule nuit, recense 4 793 personnes en Angleterre, dont 82 % d'hommes et 15 % de femmes.
  • Les notes techniques britanniques indiquent que le rough sleeping féminin peut être plus caché, plus intermittent et plus transitoire que le rough sleeping masculin, ce qui limite la portée d'un simple comptage de rue.
  • Le Census 2021 de l'ONS sur les personnes identifiées comme sans domicile en Angleterre et au pays de Galles mesure une majorité masculine plus faible, à 67,1 % d'hommes contre 32,9 % de femmes, tandis que la note pays OCDE sur le Royaume-Uni montre qu'un champ administratif plus large incluant surtout l'hébergement temporaire peut aboutir à une structure encore différente.

Le dernier cadrage mensuel confirme une forte majorité masculine dans la rue

Le Department for Levelling Up, Housing and Communities a publié le 25 juin 2026 son rough sleeping data framework pour janvier à mars 2026 en Angleterre. Cette série ne repose pas sur une seule nuit, mais sur les personnes vues en rough sleeping au moins une fois pendant le mois.

Pour mars 2026, la publication estime 7 541 personnes concernées en Angleterre. Parmi elles, 6 111 sont enregistrées comme des hommes, 1 253 comme des femmes et 177 comme sexe inconnu ou non renseigné. Autrement dit, les hommes représentent 81 % de ce comptage mensuel, contre 17 % pour les femmes.

Le snapshot d'automne 2025 retrouve la même hiérarchie, avec une méthode plus étroite

Le rough sleeping snapshot in England: autumn 2025, publié le 26 février 2026, aboutit à une structure très proche malgré une méthode différente. Cette statistique repose sur un décompte ou une estimation pour une seule nuit, réalisée localement.

Le total atteint 4 793 personnes en Angleterre, soit le niveau le plus élevé depuis l'automne 2017 selon la série du ministère. La répartition par sexe reste très masculine: 3 938 hommes, 733 femmes et 122 personnes de sexe inconnu ou non renseigné, soit 82 % d'hommes et 15 % de femmes.

Les sources officielles rappellent que le sans-abrisme féminin n'est pas toujours visible dans la rue

Les notes techniques du rough sleeping data framework et du snapshot britannique appellent à ne pas confondre rough sleeping et ensemble du sans-abrisme. Elles signalent que les parcours féminins peuvent être plus cachés, plus intermittents et plus transitoires, avec des situations de nuitées chez des proches, d'hébergement provisoire ou d'évitement de l'espace public visible.

L'OCDE formule une nuance proche dans son Toolkit to Combat Homelessness. L'organisation indique que les femmes sont moins susceptibles de dormir à la rue et peuvent passer plus souvent par un hébergement temporaire chez la famille ou des amis avant d'accéder à un hébergement d'urgence. Cela signifie qu'un indicateur centré sur la rue visible tend à documenter plus fortement l'asymétrie masculine qu'un indicateur couvrant aussi d'autres formes de privation de logement.

Dès qu'on élargit le champ, l'écart femmes-hommes devient moins simple

Le Census 2021 de l'Office for National Statistics, consacré aux personnes identifiées comme sans domicile en Angleterre et au pays de Galles, ne retrouve pas l'extrême concentration masculine observée dans les comptes de rue. L'ONS y mesure 67,1 % d'hommes et 32,9 % de femmes parmi les personnes identifiées comme homeless dans le recensement. La majorité masculine reste nette, mais elle est bien moins forte que dans le rough sleeping.

La note pays 2024 de l'OCDE sur le Royaume-Uni montre un autre effet de périmètre. Pour l'Angleterre, elle restitue un champ administratif plus large qui combine surtout l'hébergement temporaire et le rough sleeping snapshot. La ventilation femmes-hommes qui en ressort diffère fortement des comptes de rue. Cette source ne doit pas être comparée directement à un décompte individuel dans la rue, car elle additionne des catégories administratives de nature différente, mais elle rappelle qu'un diagnostic sur le sans-abrisme dépend étroitement de l'indicateur choisi.

Population mesurée et limites

Le rough sleeping data framework de juin 2026 mesure des personnes vues en rough sleeping au moins une fois dans le mois en Angleterre; il s'agit d'une série de pilotage qui n'est pas directement équivalente au snapshot annuel sur une seule nuit. Le rough sleeping snapshot 2025 mesure lui aussi seulement la rue visible, à partir de comptages locaux ou d'estimations locales sur une nuit donnée.

Le Census 2021 de l'ONS porte sur des personnes identifiées comme homeless dans le recensement en Angleterre et au pays de Galles; il ne mesure pas tous les parcours de mal-logement ou de logement précaire. La note pays OCDE agrège encore un autre champ, qui ne se compare pas mécaniquement aux comptes de rue. Les sources citées parlent d'hommes et de femmes selon leurs catégories statistiques administratives; elles ne mesurent pas les chromosomes.

Questions fréquentes

Peut-on dire que le sans-abrisme est principalement masculin ?

Pour le rough sleeping en Angleterre, les dernières sources officielles montrent clairement une forte majorité masculine. En revanche, dès qu'on élargit l'observation à d'autres formes de sans-abrisme ou d'hébergement temporaire, l'écart se réduit et peut même changer de sens selon le champ retenu.

Pourquoi les femmes apparaissent-elles moins souvent dans les comptages de rue ?

Les sources officielles britanniques et l'OCDE indiquent que les parcours féminins peuvent être plus cachés, plus intermittents et plus transitoires. Une partie du sans-abrisme féminin passe plus souvent par des nuitées chez des proches ou par de l'hébergement temporaire, ce qui réduit sa visibilité dans les décomptes de rue.

Les chiffres anglais sont-ils comparables à tous les pays ?

Non. Les définitions du sans-abrisme, les méthodes de comptage et les catégories administratives varient fortement selon les pays. Les données anglaises sont utiles pour documenter une asymétrie dans ce contexte précis, mais elles ne suffisent pas à décrire mécaniquement toutes les situations internationales.