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Éducation, orientation et formation

PISA 2025 : en France, 32 points d’avance pour les filles en lecture, 13 pour les garçons en mathématiques

Publié le 8 septembre 2026, PISA 2025 fait apparaître en France des écarts entre filles et garçons qui changent de sens selon la matière. Les filles obtiennent 32 points de plus en compréhension de l’écrit et les garçons 13 points de plus en culture mathématique. La difficulté en lecture concerne 39 % des garçons contre 26 % des filles. En sciences, la DEPP ne relève pas de différence significative entre les deux groupes. Ces résultats décrivent des performances moyennes d’élèves scolarisés de 15 ans ; ils ne prouvent ni une aptitude naturelle ni une cause unique liée au sexe.

8 septembre 2026 6 min 5 sources

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Points clés

  • En France, les filles obtiennent en moyenne 32 points de plus que les garçons en compréhension de l’écrit dans PISA 2025, contre 30 points dans l’OCDE.
  • Toujours en France, 39 % des garçons et 26 % des filles se situent sous le niveau 2 en lecture, seuil que PISA utilise pour identifier les élèves en difficulté.
  • En culture mathématique, les garçons obtiennent 464 points en moyenne contre 451 pour les filles en France, soit un écart de 13 points, comparable à la moyenne de l’OCDE.
  • En culture scientifique, la DEPP mesure 483 points pour la France et indique que les performances des filles et des garçons sont similaires, comme depuis 2006.
  • Les scores français reculent pour les deux sexes : en trois ans, la lecture baisse de 23 points chez les garçons et de 11 chez les filles ; les mathématiques baissent de 15 points chez les garçons et de 18 chez les filles.

En lecture, l’écart se creuse au détriment des garçons

La Note d’Information 26.40 de la DEPP mesure en France un avantage moyen de 32 points pour les filles en compréhension de l’écrit. L’écart est statistiquement significatif et légèrement supérieur aux 30 points observés en moyenne dans les pays de l’OCDE. La DEPP précise qu’un avantage féminin significatif apparaît dans tous les pays membres de l’OCDE participant à PISA 2025.

L’asymétrie est aussi visible au bas de l’échelle. En France, 39 % des garçons et 26 % des filles se situent sous le niveau 2 en lecture. Selon la définition de PISA, les élèves sous ce seuil peinent à mobiliser leurs compétences de lecture pour acquérir des connaissances et répondre à des situations pratiques. Parmi les élèves les plus performants, la différence française est plus réduite : 5 % des filles et 4 % des garçons dépassent le niveau 4.

La baisse récente en lecture touche davantage les garçons

Entre 2022 et 2025, le score français en lecture recule de 18 points au total. La baisse atteint 23 points chez les garçons et 11 points chez les filles. L’écart entre les sexes augmente ainsi de 12 points en trois ans. Dans l’OCDE, le recul est également plus marqué chez les garçons, mais dans une moindre mesure : 17 points contre 12 chez les filles.

Cette évolution ne doit pas être isolée du recul général. En France, la part de tous les élèves sous le niveau 2 en lecture passe de 27 % en 2022 à 33 % en 2025. Le score moyen français, 456 points, reste statistiquement dans la moyenne de l’OCDE, établie à 461 points, mais il baisse pour le deuxième cycle consécutif.

En mathématiques, l’avantage moyen est masculin

L’écart change de sens en culture mathématique. En France, les garçons obtiennent 464 points en moyenne, contre 451 pour les filles : 13 points d’écart, un niveau que la DEPP situe dans la moyenne de l’OCDE. Cet écart est stable en France par rapport à 2022. Aucun pays de l’OCDE ne présente en 2025 un avantage féminin statistiquement significatif en mathématiques ; dans cinq pays, la différence n’est pas significative.

Les deux groupes perdent toutefois des points. Entre 2022 et 2025, le score baisse de 15 points chez les garçons et de 18 chez les filles en France. Tous sexes confondus, 36 % des élèves français sont sous le niveau 2 en mathématiques, contre 29 % en 2022. La part des élèves les plus performants atteint 5 %, contre 8 % dans l’OCDE.

En sciences, la moyenne française ne distingue pas filles et garçons

La culture scientifique, domaine majeur de PISA 2025, complète le tableau. La France obtient 483 points, soit un résultat dans la moyenne de l’OCDE. La Note d’Information 26.39 de la DEPP indique que les performances des filles et des garçons y sont similaires, une situation observée en France depuis 2006.

À l’échelle de l’OCDE, le score moyen en sciences est lui aussi presque identique : les filles ont un point d’avance. Le rapport souligne cependant une distribution différente aux extrêmes : les filles les moins performantes dépassent leurs homologues masculins de 12 points, tandis que les garçons les plus performants dépassent leurs homologues féminines de 10 points. Une moyenne proche n’implique donc pas des distributions identiques.

Une asymétrie scolaire n’est pas une explication biologique

PISA mesure la capacité d’élèves de 15 ans à mobiliser des compétences dans des épreuves standardisées. Les écarts constatés ne permettent pas de conclure à des aptitudes innées. L’enseignement reçu, les pratiques de lecture, les attentes sociales, l’orientation, le milieu socio-économique, le rapport aux disciplines et les conditions de passation peuvent tous contribuer aux résultats sans que cette publication attribue une part causale à chacun.

Le rapport rappelle d’ailleurs que le milieu social demeure un facteur majeur. En France, l’écart entre élèves très favorisés et très défavorisés atteint 91 points en lecture et 95 points en mathématiques, davantage que les moyennes de l’OCDE. Les différences entre sexes et les inégalités sociales doivent donc être lues ensemble, sans les confondre.

Population mesurée et limites

PISA 2025 a évalué environ 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays et économies. Les chiffres français concernent les élèves scolarisés qui entrent dans le protocole d’échantillonnage PISA ; ils ne décrivent pas tous les jeunes de cet âge, notamment ceux qui sont hors de l’école. Ils mesurent des scores et des niveaux de compétence, pas des notes scolaires ordinaires ni les diplômes obtenus.

Les sources emploient les catégories statistiques filles et garçons déclarées ou enregistrées dans l’enquête ; elles ne mesurent pas les chromosomes. Les moyennes nationales et OCDE masquent aussi des variations internes importantes. Pour comparer les deux sexes, il faut conserver la même matière, la même population, la même année et le même seuil : l’avantage féminin en lecture ne peut pas être soustrait mécaniquement à l’avantage masculin en mathématiques.

Questions fréquentes

PISA 2025 montre-t-il que les filles réussissent mieux que les garçons ?

Pas de manière générale. En France, les filles ont un avantage moyen de 32 points en lecture, les garçons un avantage de 13 points en mathématiques, et la différence n’est pas significative en sciences. Le constat dépend donc du domaine évalué.

Les garçons français sont-ils plus souvent en difficulté en lecture ?

Oui dans la mesure PISA 2025 : 39 % des garçons sont sous le niveau 2 en compréhension de l’écrit, contre 26 % des filles. Ce seuil est propre à l’échelle de compétences PISA et ne correspond pas directement à une note ou à un diagnostic individuel.

Les écarts PISA prouvent-ils une différence naturelle entre les sexes ?

Non. PISA observe des performances dans un contexte éducatif et social donné. L’enquête ne permet pas d’isoler une cause biologique et les résultats varient selon les pays, les matières, les niveaux de performance et les périodes.