Points clés
- Les services de sécurité ont enregistré 104 880 victimes dans les transports en commun en 2025, soit 2 % de moins qu'en 2024 et 22 % de moins qu'en 2016.
- Les vols sans violence représentent 80 817 victimes, soit 77 % du total ; cette catégorie pèse donc fortement dans la baisse globale.
- Les violences sexuelles enregistrées comptent 3 494 victimes en 2025, soit une hausse de 3 % en un an. La publication ne fournit pas leur répartition par sexe pour 2025.
- Pour 2024, la Miprof et le SSMSI indiquaient que 91 % des victimes enregistrées de violences sexuelles dans les transports étaient des femmes et que 99 % des personnes mises en cause étaient des hommes.
- Les profils diffèrent selon l'infraction : dans les données de 2019, les hommes représentaient 63 % des victimes de violences physiques, tandis que les femmes représentaient 95 % des victimes de violences sexuelles.
Une baisse globale portée par les vols
Le bilan Interstats publié en septembre 2026 recense 104 880 victimes enregistrées en 2025 dans les réseaux de transports en commun. Il couvre les vols avec ou sans violence, les violences physiques ou sexuelles, ainsi que les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement. Le total diminue de 2 % sur un an et atteint son niveau le plus bas depuis 2016, avec une baisse de 22 % sur neuf ans.
Cette évolution doit être lue à partir de la composition du total. Les vols sans violence représentent 80 817 victimes en 2025, soit 77 % de l'ensemble. Les vols, avec ou sans violence, reculent de 3 %, et les escroqueries ou fraudes de 5 %. Une baisse de l'indicateur global ne signifie donc pas que toutes les formes d'atteinte diminuent.
Les violences physiques et sexuelles évoluent en sens inverse du total
Les catégories de violences augmentent. Interstats compte 9 598 victimes de violences physiques hors cadre familial, 563 dans le cadre familial et 3 494 victimes de violences sexuelles en 2025. Par rapport à 2024, le nombre de victimes progresse de 3 % pour les violences physiques comme pour les violences sexuelles.
Le rapport 2025 actualise des données auparavant provisoires. Il retient 3 399 victimes de violences sexuelles pour 2024, tandis que la lettre de la Miprof publiée en mars 2025 en comptait 3 374. Cette petite différence de consolidation invite à citer l'année et la version de la source au lieu de présenter les nombres comme immuables.
La dernière répartition sexuée disponible porte sur 2024
La lettre de la Miprof consacrée aux transports indique que 91 % des victimes de violences sexuelles enregistrées en 2024 sont des femmes. Parmi ces femmes, 75 % ont moins de 30 ans et 36 % sont mineures. La même publication recense 1 415 personnes mises en cause et indique que 99 % sont des hommes en 2023 comme en 2024.
Le bilan Interstats 2025 publié en septembre 2026 ne ventile pas les 3 494 victimes de violences sexuelles selon le sexe dans sa synthèse. Il serait donc incorrect d'appliquer automatiquement la proportion de 91 % à ce nouveau total. On peut documenter une forte asymétrie en 2024 et une hausse du nombre de victimes en 2025, mais pas calculer une répartition femmes-hommes pour 2025 sans donnée correspondante.
Le sens de l'asymétrie dépend de l'infraction
Une étude antérieure de l'Insee et du SSMSI, fondée sur les faits enregistrés en 2019, permet de comparer plusieurs catégories dans un même cadre. Les femmes représentaient alors 56 % des victimes de vols avec ou sans violence et 95 % des victimes de violences sexuelles dans les transports. Les hommes représentaient en revanche 63 % des victimes de violences physiques.
Du côté des personnes mises en cause, les hommes étaient très majoritaires dans toutes les catégories étudiées en 2019 : 87 % pour les vols sans violence, 95 % pour les vols violents, 80 % pour les violences physiques et 99 % pour les violences sexuelles. Ces chiffres décrivent des enregistrements policiers ; ils ne suffisent pas, seuls, à expliquer les causes des écarts.
Les plaintes ne reflètent pas toute la victimation
Les statistiques policières comptent les victimes dont les faits ont été portés à la connaissance des services puis enregistrés. Elles ne constituent pas une mesure exhaustive des violences vécues. La Miprof cite une enquête menée en 2022 auprès de 2 010 usagères et usagers franciliens : parmi les femmes déclarant avoir subi des violences sexistes ou sexuelles dans les transports, seules 7 % disent avoir déposé plainte.
Cette enquête et le bilan policier ne doivent pas être additionnés. Ils n'ont ni la même population, ni la même géographie, ni la même période, ni la même méthode. L'enquête renseigne la victimation déclarée d'usagers d'Île-de-France ; les données Interstats décrivent les faits enregistrés sur l'ensemble de la France. Leur rapprochement sert surtout à rappeler l'ampleur probable de la sous-déclaration.
Population mesurée et limites
Le bilan 2025 porte sur les victimes de certaines infractions enregistrées par la police et la gendarmerie dans les transports en commun en France. Il ne couvre pas tous les comportements sexistes, tous les incidents ressentis ni l'ensemble de l'espace public. Une hausse peut refléter une évolution des faits, du signalement, de l'accueil des victimes ou de l'enregistrement, sans que cette publication permette d'isoler chaque effet.
Les sources utilisent les catégories administratives ou déclaratives femmes et hommes ; elles ne mesurent pas les chromosomes. Les comparaisons sexuées présentées ici concernent 2019 ou 2024, selon les sources. Le total 2025 ne doit pas être transformé en estimation par sexe, et les profils d'une catégorie d'infraction ne doivent pas être généralisés aux autres.
Questions fréquentes
Les violences dans les transports ont-elles baissé en 2025 ?
Le total des victimes enregistrées baisse de 2 %, surtout dans un ensemble dominé par les vols sans violence. Les violences physiques et les violences sexuelles progressent chacune de 3 %. L'évolution dépend donc de la catégorie observée.
Quelle part des victimes de violences sexuelles sont des femmes ?
La dernière proportion sexuée publiée ici concerne 2024 : 91 % des victimes enregistrées de violences sexuelles dans les transports étaient des femmes. Le bilan 2025 compte 3 494 victimes mais ne donne pas leur répartition par sexe dans sa synthèse.
Ces chiffres représentent-ils toutes les violences subies dans les transports ?
Non. Ils décrivent les faits enregistrés par la police et la gendarmerie. Une enquête francilienne citée par la Miprof indique que seules 7 % des femmes ayant déclaré des violences sexistes ou sexuelles dans les transports avaient déposé plainte, mais cette enquête n'est pas directement comparable au bilan national.