isora Le référentiel des asymétries de sexe

Santé, mortalité et parcours de soin

Troubles anxieux : les femmes sont davantage représentées parmi les personnes touchées

La fiche d'information publiée par l'OMS le 15 septembre 2026 estime que 470 millions de personnes, soit 5,8 % de la population mondiale, vivaient avec un trouble anxieux en 2023. Elle indique que les filles et les femmes sont plus susceptibles d'être concernées que les garçons et les hommes. Le rapport mondial de l'OMS fondé sur les estimations 2021 permet de préciser la composition des cas : 63,3 % des personnes vivant avec un trouble anxieux étaient de sexe féminin et 36,7 % de sexe masculin. Cette répartition des cas ne doit pas être confondue avec deux taux de prévalence au sein de chaque sexe, ni être appliquée mécaniquement au total de 2023.

16 septembre 2026 5 min 3 sources

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Points clés

  • En 2023, l'OMS estime que 470 millions de personnes vivaient avec un trouble anxieux dans le monde, soit 5,8 % de la population.
  • Dans les estimations mondiales 2021 reprises par l'OMS, 63,3 % des personnes vivant avec un trouble anxieux étaient de sexe féminin et 36,7 % de sexe masculin.
  • Cette proportion décrit la composition de l'ensemble des cas ; elle ne mesure pas directement le risque individuel d'une femme ou d'un homme.
  • L'OMS estime que 27,6 % des personnes ayant besoin de soins pour un trouble anxieux reçoivent un traitement, à partir d'une étude menée dans 21 pays.
  • Les écarts observés résultent d'interactions entre facteurs sociaux, psychologiques et biologiques ; les sources ne permettent pas de désigner une cause unique.

Une mise à jour mondiale publiée le 15 septembre 2026

La nouvelle fiche d'information de l'Organisation mondiale de la Santé présente les troubles anxieux comme les troubles mentaux les plus fréquents dans le monde. D'après les estimations du Global Burden of Disease citées par l'OMS, 470 millions de personnes étaient concernées en 2023, soit 5,8 % de la population mondiale.

L'OMS regroupe sous ce terme plusieurs diagnostics, notamment le trouble anxieux généralisé, le trouble panique, l'anxiété sociale, l'agoraphobie, l'anxiété de séparation et certaines phobies. Il ne s'agit donc pas d'une simple inquiétude ponctuelle, mais de symptômes persistants associés à une détresse ou à une altération du fonctionnement.

Une asymétrie féminine dans la composition des cas

La fiche 2026 indique que les filles et les femmes sont plus susceptibles de vivre avec un trouble anxieux que les garçons et les hommes. Le rapport « World mental health today », publié par l'OMS en 2025 à partir des estimations 2021, chiffre la composition des cas : 63,3 % des personnes vivant avec un trouble anxieux étaient de sexe féminin et 36,7 % de sexe masculin.

Ce 63,3 % est une part parmi l'ensemble des personnes concernées, pas un taux de prévalence chez les femmes. Il ne signifie donc pas que 63,3 % des femmes ont un trouble anxieux. Il ne faut pas non plus appliquer cette répartition de 2021 aux 470 millions de cas estimés pour 2023 : les années et les versions des modèles diffèrent.

L'écart de traitement reste majeur

L'OMS rappelle que des interventions psychologiques efficaces existent et que certains médicaments peuvent aussi être indiqués après évaluation clinique. Pourtant, elle estime que seulement 27,6 % des personnes ayant besoin de soins pour un trouble anxieux reçoivent un traitement.

Cette estimation de couverture vient des enquêtes World Mental Health menées dans 21 pays et publiées en 2018. Elle ne constitue pas une mesure de 2023 dans tous les pays du monde. Elle documente néanmoins un déficit de prise en charge important, lié notamment au manque de services, de professionnels formés, d'information et à la stigmatisation.

Ce que l'écart selon le sexe permet — et ne permet pas — de dire

L'OMS décrit une interaction complexe entre facteurs sociaux, psychologiques et biologiques. Les violences, les pertes importantes et d'autres expériences défavorables augmentent le risque, mais les données agrégées ne permettent pas d'attribuer l'asymétrie femmes-hommes à une seule cause.

Les différences peuvent aussi être influencées par le repérage des symptômes, le recours au diagnostic, l'âge, le contexte social et les méthodes d'estimation. Une part plus élevée de femmes parmi les cas ne signifie ni que toutes les femmes sont plus anxieuses, ni que les troubles anxieux seraient rares ou négligeables chez les hommes.

Population mesurée et limites

Les chiffres mondiaux sont des estimations modélisées à partir des données disponibles dans les pays. Leur précision dépend donc de la qualité des enquêtes, des systèmes de santé et de la détection des troubles. Les résultats ne décrivent pas nécessairement la situation particulière de la France ni celle d'un groupe d'âge donné.

Le rapport de l'OMS utilise les catégories statistiques « female » et « male » pour répartir les cas estimés ; il ne mesure pas les chromosomes. Enfin, la part de 63,3 % porte sur 2021, tandis que le total de 470 millions et la prévalence de 5,8 % portent sur 2023. isora conserve ces indicateurs séparés pour ne pas fabriquer une comparaison que les sources ne publient pas.

Questions fréquentes

Le chiffre de 63,3 % signifie-t-il que près de deux femmes sur trois ont un trouble anxieux ?

Non. Il s'agit de la part féminine parmi l'ensemble des personnes vivant avec un trouble anxieux dans les estimations 2021, pas de la prévalence au sein de la population féminine.

Peut-on appliquer la répartition de 2021 aux 470 millions de cas de 2023 ?

Non. Les deux chiffres proviennent d'années et de versions d'estimation différentes. Les multiplier donnerait une précision artificielle que les sources ne fournissent pas.

Les femmes sont-elles davantage touchées pour une raison unique ?

Les sources ne permettent pas cette conclusion. L'OMS évoque une interaction de facteurs sociaux, psychologiques et biologiques, auxquels s'ajoutent des différences possibles de détection et de recours aux soins.