Points clés
- En 2021, le revenu d'activité annuel moyen des femmes médecins libérales est de 90 000 euros, contre 148 000 euros pour les hommes sur le même champ DREES.
- La moyenne de l'ensemble des médecins libéraux atteint 124 000 euros par an en 2021 ; elle combine revenu libéral et éventuel revenu salarié.
- Entre 2017 et 2021, le revenu moyen progresse de 0,6 % par an en euros constants, mais aurait progressé de 1,2 % à structure de sexe, d'âge et de secteur inchangée.
- La nouvelle étude estime que la hausse de la part des femmes a réduit de 0,5 point par an la progression du revenu moyen de la profession, du fait d'un niveau moyen d'activité inférieur.
- Cette décomposition d'une moyenne professionnelle n'établit ni une discrimination salariale de 58 000 euros à travail égal, ni une cause unique à l'écart observé entre femmes et hommes.
Ce que mesure la nouvelle étude DREES
La publication du 15 septembre 2026 cherche à expliquer pourquoi le revenu d'activité moyen des médecins libéraux n'a progressé que de 0,6 % par an en euros constants entre 2017 et 2021. Elle utilise un appariement de données Insee, Cnam et DGFiP qui associe l'activité et les revenus déclarés de chaque professionnel inclus dans le champ.
La DREES estime qu'à répartition inchangée par sexe, âge et secteur de conventionnement, la progression aurait été de 1,2 % par an. L'écart de 0,6 point entre les deux évolutions est un effet de composition : le profil de la population de médecins change au fil du temps, même si les revenus de chaque catégorie évoluent par ailleurs.
En 2021, 90 000 euros en moyenne pour les femmes contre 148 000 pour les hommes
L'étude DREES publiée en décembre 2024, à laquelle la nouvelle analyse fait suite, chiffre le revenu d'activité annuel moyen des médecins ayant une activité libérale en 2021. Il atteint 124 000 euros pour l'ensemble, 90 000 euros pour les femmes et 148 000 euros pour les hommes.
Le revenu d'activité additionne le revenu tiré de l'exercice libéral, net des charges fiscales et sociales selon la définition DREES, et l'éventuel revenu salarié d'une activité mixte. Ces montants sont des moyennes annuelles avant impôt sur le revenu ; ils ne correspondent ni à un salaire mensuel garanti ni au chiffre d'affaires du cabinet.
La féminisation modifie la moyenne professionnelle sans expliquer seule l'écart individuel
Entre 2017 et 2021, la part des femmes dans le champ étudié passe de 37 % à 42 %. La DREES observe aussi que leur niveau d'activité est inférieur en moyenne à celui des hommes, à tout âge et dans toutes les spécialités. Si la part des femmes était restée celle de 2017, le revenu moyen de la profession aurait progressé de 0,5 point de plus par an.
Ce résultat est une décomposition statistique de l'évolution de la moyenne globale. Il ne signifie pas que l'arrivée de femmes ferait baisser le revenu d'un médecin donné. Il ne permet pas non plus de transformer automatiquement les 58 000 euros d'écart brut entre les deux moyennes en mesure de discrimination à travail égal.
Activité, spécialité, ancienneté et secteur se combinent
Les revenus varient fortement selon la spécialité. En 2021, la DREES mesure des moyennes supérieures à 210 000 euros pour plusieurs spécialités techniques, tandis que les pédiatres, rhumatologues, psychiatres et dermatologues se situent entre 88 000 et 97 000 euros. L'ancienneté d'installation et le secteur de conventionnement contribuent aussi aux écarts.
Une autre publication DREES, parue le 26 août 2026, confirme que les durées de travail déclarées diffèrent selon le sexe et l'âge chez les seuls médecins généralistes libéraux. Elle ne couvre cependant ni toutes les spécialités ni l'année 2021. Elle éclaire un mécanisme possible, sans permettre de décomposer précisément l'écart de revenu de l'ensemble des médecins libéraux.
Population mesurée et limites
Le champ porte sur les médecins âgés de 70 ans ou moins en 2021, conventionnés, exerçant en France métropolitaine ou dans les DROM, ayant perçu au moins un euro d'honoraires et déclaré au moins un euro de revenu libéral, et actifs au 31 décembre. Les médecins remplaçants, ceux qui ont commencé leur activité libérale pendant l'année et ceux aux revenus libéraux nuls sont exclus.
Les données de revenu les plus récentes utilisées par cette analyse portent sur 2021, avant les négociations conventionnelles de 2024 ; la DREES annonce une analyse 2021-2024 pour 2027. Les catégories femmes et hommes sont celles des fichiers statistiques et ne mesurent pas les chromosomes. Enfin, aucune des sources citées ne fournit une estimation ajustée unique de l'écart de revenu à temps de travail, spécialité, ancienneté, secteur, patientèle et lieu d'exercice identiques.
Questions fréquentes
Les femmes médecins libérales gagnent-elles 58 000 euros de moins à travail égal ?
Les sources citées ne permettent pas de l'affirmer. Les montants de 90 000 et 148 000 euros sont des moyennes brutes qui combinent des différences de niveau d'activité, de spécialité, d'ancienneté, de secteur et d'autres caractéristiques.
Que signifie l'effet de 0,5 point lié à la part croissante des femmes ?
Il s'agit d'un effet de composition sur la progression du revenu moyen de toute la profession entre 2017 et 2021. Selon le modèle DREES, cette progression aurait été supérieure de 0,5 point par an si la répartition femmes-hommes était restée celle de 2017, toutes les autres évolutions observées étant conservées.
Ces chiffres décrivent-ils la situation actuelle en 2026 ?
Ils constituent les dernières données exhaustives appariées utilisées par la DREES, mais portent sur 2021. La publication 2026 précise que les évolutions entre 2021 et 2024 seront analysées en 2027.