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Violences, sécurité et justice pénale

Violences sexuelles hors couple : pourquoi le chiffre mondial reste difficile à mesurer

Une note technique de l'Organisation mondiale de la Santé, mise en avant le 18 septembre 2026, examine la mesure des violences sexuelles commises contre les femmes et les filles par une personne autre qu'un partenaire intime. L'estimation mondiale disponible porte sur 263 millions de femmes et de filles âgées de 15 ans ou plus, soit 8 %, ayant subi au moins une fois ce type de violence depuis l'âge de 15 ans. Mais l'OMS souligne que les définitions, les questions, les tranches d'âge et les populations interrogées diffèrent fortement. Parmi 140 pays disposant d'au moins une enquête éligible entre 2000 et 2023, 42 n'avaient pas actualisé ces données depuis plus de dix ans. Le chiffre doit donc être lu comme une estimation minimale dans un champ précis, et non comme une mesure exhaustive ou une comparaison femmes-hommes.

20 septembre 2026 6 min 4 sources

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Points clés

  • L'OMS estime que 263 millions de femmes et de filles âgées de 15 ans ou plus, soit 8 % à l'échelle mondiale, ont subi des violences sexuelles d'un non-partenaire depuis l'âge de 15 ans.
  • La revue de l'OMS identifie au moins une enquête éligible dans 140 pays entre 2000 et 2023, couvrant 89 % de la population mondiale des femmes et filles de 15 ans ou plus.
  • Dans 42 de ces 140 pays, la dernière enquête éligible remontait à plus de dix ans.
  • Les questions décrivant des actes précis repèrent mieux les violences que des formulations générales ou limitées au viol et à la tentative de viol.
  • Les sources utilisées ne publient pas un indicateur masculin construit avec le même protocole ; elles ne permettent donc pas de fabriquer une comparaison entre les sexes.

Un indicateur mondial portant sur les violences sexuelles hors couple

La note de l'OMS porte sur les violences sexuelles commises par une personne autre qu'un partenaire intime. Cette catégorie peut inclure des auteurs connus ou inconnus de la victime ; elle ne se confond ni avec les seules agressions commises par un inconnu, ni avec les violences d'un conjoint ou ex-conjoint.

L'estimation mondiale associée est de 263 millions de femmes et de filles âgées de 15 ans ou plus, soit 8 %, ayant subi au moins une fois ce type de violence depuis l'âge de 15 ans. Ce taux ne porte donc pas sur l'ensemble de la vie depuis la naissance, sur les violences exercées par un partenaire intime ou sur toutes les formes de harcèlement.

Des données présentes dans 140 pays, mais souvent anciennes

La revue mobilisée par l'OMS recense au moins une enquête de population éligible dans 140 pays entre 2000 et 2023. Ces pays couvrent 89 % de la population mondiale des femmes et des filles âgées de 15 ans ou plus. Cette couverture élevée ne signifie toutefois pas que les données sont récentes ou directement comparables partout.

Dans 42 des 140 pays, plus de dix ans s'étaient écoulés depuis la dernière enquête éligible. Certains pays ne disposaient d'aucune donnée répondant aux critères. Les estimations mondiales combinent donc des observations d'années différentes et une information inégalement renouvelée selon les territoires.

La formulation des questions change ce qui est compté

L'OMS recommande des questions décrivant des actes concrets plutôt qu'une question générale demandant si une personne a subi des violences sexuelles. Des actes peuvent être banalisés, ne pas être spontanément nommés comme une violence ou être tus en raison de la stigmatisation et de la crainte de conséquences.

Une définition limitée au viol et à la tentative de viol laisse aussi de côté d'autres actes sexuels imposés. À l'inverse, élargir les formulations sans préciser les comportements mesurés peut réduire la comparabilité. La note recommande donc des définitions claires, des tests préalables des questionnaires et des périodes de référence cohérentes.

Qui est interrogé compte également

Certaines enquêtes ne posent les questions qu'aux femmes ayant déjà vécu en couple. Ce filtre convient à certains indicateurs de violence conjugale, mais il peut exclure des femmes et des filles exposées à une violence sexuelle hors couple indépendamment de leur situation conjugale.

La note attire aussi l'attention sur des domaines encore mal captés : la coercition et l'absence de consentement dans les interactions sexuelles, le harcèlement sexuel et les violences facilitées par la technologie, comme le partage non consenti d'images intimes ou les menaces de viol en ligne.

Population mesurée, sécurité et limites d'interprétation

Les estimations concernent les catégories statistiques « women and girls » âgées de 15 ans ou plus dans des enquêtes de population. Elles ne mesurent pas les chromosomes. Elles ne fournissent pas non plus, dans cette note, un taux masculin construit avec les mêmes définitions, les mêmes périodes et les mêmes populations : aucune répartition femmes-hommes ne peut donc en être déduite.

L'OMS rappelle enfin que la collecte elle-même doit protéger les personnes interrogées : confidentialité, vie privée, enquêteurs formés et possibilités d'orientation vers des services d'aide. Le chiffre de 8 % synthétise le meilleur ensemble de données disponible pour ce périmètre, mais la sous-déclaration, les lacunes nationales et l'hétérogénéité des méthodes conduisent l'OMS à considérer que la prévalence réelle est probablement plus élevée.

Questions fréquentes

Le taux de 8 % inclut-il les violences commises par un conjoint ?

Non. Il concerne les violences sexuelles commises par une personne autre qu'un partenaire intime. Les violences physiques ou sexuelles d'un partenaire sont mesurées séparément dans le rapport mondial de l'OMS.

Pourquoi l'OMS considère-t-elle que cette estimation est probablement trop basse ?

La sous-déclaration liée à la stigmatisation ou à la peur s'ajoute aux lacunes des enquêtes. Des questionnaires trop généraux, limités au viol, réservés aux femmes ayant vécu en couple ou très anciens peuvent omettre une partie des expériences.

Peut-on comparer ce taux de 8 % à un taux équivalent chez les hommes ?

Pas avec ces sources. La note porte sur les femmes et les filles et ne fournit pas un indicateur masculin obtenu avec le même protocole. Une comparaison directe exigerait une source couvrant les deux sexes avec les mêmes définitions, populations et périodes.