Points clés
- En France en 2024, selon l'OCDE, les femmes représentaient 85 % des enseignants du primaire et 69 % du personnel de direction de ce même niveau, soit 16 points de différence entre les deux parts.
- Les femmes restaient majoritaires dans les deux groupes ; les pourcentages ne sont ni des taux de candidature ni des taux de promotion individuels.
- La DEPP rapporte séparément que, dans le premier degré public en novembre 2024, 12 % des femmes enseignantes ou directrices et 18 % des hommes enseignants ou directeurs exerçaient une fonction de direction. Son champ en personnes n'est pas identique à celui de l'OCDE en équivalents temps plein.
- La fonction française de direction d'école primaire reste exercée par un enseignant ; sa charge et la décharge d'enseignement dépendent notamment de la taille de l'école.
Une différence de composition dans le primaire
La nouvelle note France de Regards sur l'éducation 2026, publiée par l'OCDE le 29 septembre, met côte à côte deux indicateurs pour l'année 2024. Dans l'enseignement primaire français, les femmes représentent 85 % du personnel enseignant et 69 % du personnel de direction. La différence est de 16 points de pourcentage. L'OCDE indique que cet écart est proche de la moyenne de 15 points calculée pour ses pays membres.
Il faut lire correctement les dénominateurs : 85 % est une part parmi les enseignants du primaire ; 69 % est une part parmi les personnels de direction de ce niveau. Les femmes sont donc majoritaires dans les deux ensembles, mais leur place relative est moins élevée dans le second. Ces données, présentées en équivalents temps plein dans les tableaux OCDE, ne disent pas combien de femmes ont demandé une direction, combien ont été sélectionnées ou pourquoi la composition diffère.
Le contexte français : une fonction, pas le même statut qu'au collège
En France, rappelle l'OCDE, les personnes qui dirigent une école primaire restent enseignantes et bénéficient d'une décharge partielle de cours selon les cas. Elles ne relèvent pas du même corps professionnel que les chefs d'établissement du second degré. Parler indistinctement de « postes de chefs d'établissement » pour les deux niveaux masquerait cette différence institutionnelle.
Le Panorama statistique de la DEPP précise que la direction d'école implique le pilotage pédagogique, le fonctionnement de l'école et les relations avec les parents et les partenaires. La décharge d'enseignement accordée varie selon la taille de l'école. Dans ses données du secteur public pour 2024, 34 % des directrices exerçaient dans de petites écoles d'une à trois classes, contre 20 % des directeurs ; 15 % des directrices et 31 % des directeurs exerçaient dans une école d'au moins dix classes. Ces répartitions éclairent les conditions d'exercice sans établir, à elles seules, la raison de l'écart de représentation.
Un autre indicateur français, à ne pas fusionner avec celui de l'OCDE
La DEPP mesure aussi la fréquence de l'exercice d'une fonction de direction parmi les femmes et les hommes du premier degré public. Parmi les enseignantes ou directrices en activité et rémunérées au 30 novembre 2024, 12 % exerçaient une direction d'école, contre 18 % des enseignants ou directeurs. Ici, le dénominateur est l'ensemble des personnes de chaque sexe ayant une mission d'enseignement ou de direction dans le public ; ce n'est pas la part des femmes parmi les seuls personnels de direction.
Les deux publications convergent sur un constat descriptif de représentation relative, mais ne doivent pas être mélangées numériquement. La DEPP compte des personnes dans le public, tandis que les tableaux internationaux de l'OCDE présentent des équivalents temps plein et un périmètre institutionnel harmonisé. On ne peut pas soustraire leurs pourcentages, en déduire une probabilité de promotion ou reconstituer une série temporelle unique.
Ce que l'écart ne permet pas d'expliquer
La différence entre les parts publiées invite à étudier les candidatures, les modalités d'affectation, l'ancienneté, la taille des écoles, la disponibilité des décharges et les conditions de travail. Ces variables ne sont pas contrôlées dans la comparaison simple reprise ici. Elle ne prouve donc ni une discrimination à la sélection, ni une préférence individuelle, ni une cause unique. La lecture doit aussi distinguer le primaire du préprimaire et du secondaire, qui n'ont pas les mêmes effectifs ni les mêmes fonctions.
Les catégories « femmes » et « hommes » sont les catégories statistiques utilisées par les institutions pour les personnels recensés ; les sources ne mesurent pas les chromosomes. La nouvelle fiche isora liée à cet article conserve le périmètre France, primaire, 2024, et rappelle que 69 % reste une majorité féminine parmi les personnels de direction.
Questions fréquentes
Les femmes sont-elles minoritaires dans la direction des écoles primaires ?
Non. L'OCDE indique qu'elles représentaient 69 % du personnel de direction du primaire en France en 2024. Elles y sont majoritaires, mais leur part est inférieure à leurs 85 % parmi les enseignants du même niveau.
Les 16 points d'écart prouvent-ils une discrimination à la promotion ?
Non. Il s'agit d'un écart entre deux parts de femmes dans des groupes professionnels distincts. Les données citées ne mesurent ni les candidatures, ni les sélections, ni l'ensemble des facteurs susceptibles de contribuer à la différence.
Pourquoi les chiffres 12 % et 18 % de la DEPP ne sont-ils pas comparables directement aux 85 % et 69 % de l'OCDE ?
La DEPP rapporte la proportion de personnes de chaque sexe exerçant une direction parmi les enseignants et directeurs du premier degré public, comptées en personnes. L'OCDE rapporte la part des femmes dans chacun de deux groupes professionnels du primaire, en équivalents temps plein et avec un périmètre international harmonisé. Les dénominateurs et les champs diffèrent.